HOME CONTACT LINKS PRESS / PRENSA / JOURNALISMUS Last actualized: May 15th; 2012;  by Hubert Weber ©
WINES / VINOS / WEINE SPIRITS / SPIRITUOSEN / ESPIRITUOSAS CONSULTING
CUISINE / REZEPTE / BAR TOURISM / TURISMUS / TURISMO CULTURA / CULTURE / KULTUR
ALREDEDOR DEL VINO / ARROUND THE WINE / RUND UM DEN WEIN  
WINE-PHILOSOPHY / PHILOSOPHIA ENOLOGICA / WEIN-PHILOSOFIE
  EINKAUFEN / WHERE TO BUY / COMPRAS

Oenologue virtuose, Hubert Weber crée des vins enchanteurs

Hubert Weber © Pierre Bartschi
 

L’histoire d’amour entre Hubert Weber et la vigne a commencé dans Lavaux dans les caves de Bernard Bovy, propriétaire des Côtes de Rivaz (VD). «Même si ça fait plus de vingt-cinq ans, je me souviens bien d’Hubert, raconte l’ancien syndic de Chexbres (VD). Un petit gars travailleur avec qui j’aimais bien déguster les vins.» «C’est effectivement à Chexbres que j’ai décidé de faire de la vigne mon métier», confirme le Bernois, la quarantaine, cheveux ébouriffés à la manière d’un chef d’orchestre, car Hubert Weber est bien un artiste, un artiste du vin.

Après une formation d’œnologue à Wädenswil (ZH), le jeune homme est rapidement repéré pour son nez hors du commun lors d’un concours de dégustation où, à moins de 20 ans, il figure déjà parmi les meilleurs. Il fait alors la connaissance d’un importateur de vins argentins en Suisse qui lui fera goûter un vin de Mendoza inoubliable. A 27 ans, Hubert Weber accepte la proposition de stage de perfectionnement d’une année dans la cave argentine Weinert (voir encadré ci-dessous), qui produit ce vin resté gravé dans sa mémoire. Quinze ans plus tard, il est toujours à Mendoza, où il est devenu l’œnologue de cette cave, une des plus réputées d’Argentine. «Quand je pense que le conseiller en orientation professionnelle m’avait dit que j’étais fait pour l’électronique», s’amuse Hubert Weber dans un français aux consonances hispaniques sur fond d’accent suisse allemand.

La musique classique l’inspire
Plus de 80% des vins conçus par Weinert sont destinés à l’exportation. «Les Argentins ne sont pas très sensibles au style de vin que nous produisons, il est trop classique, trop européen», explique l’œnologue. Hubert Weber aime la vie en Argentine et particulièrement à Mendoza. «Le climat est incroyable ici, il y a plus de trois cents jours de soleil par an.» Pourtant, il y a dix ans, lors de la crise économique et financière qui a ruiné le pays, l’immigré suisse a bien failli faire ses valises pour rentrer au pays. Leur premier enfant venant de naître, l’œnologue et sa femme décident toutefois de s’accrocher et de rester. Bien leur en a pris, avec la dévaluation record qu’a connu le peso, le vin argentin est devenu compétitif à l’étranger. «Les Argentins ont compris tout de suite où était leur intérêt et se sont mis à faire du vin de qualité pour exporter vers les pays riches.» Dix ans plus tard, ils surpassent leur voisin chilien dans le marché de l’exportation. Le vin a représenté en 2009 environ 600 millions de francs de rentrées de devises pour l’Argentine.
En véritable musicien du sarment, Hubert Weber compose ses propres vins en s’inspirant de la musique classique. «Je ne peux pas concevoir un vin sans écouter de musique. Comme par exemple celle de Smetana pour l’élaboration du vin phare de Weinert, composé de trois cépages, à 40% de cabernet, 40% de malbec et 20% de merlot. Ma mère écoutait ce musicien quand j’étais petit.» Il s’inspire aussi du Concerto pour piano de Tchaïkovski pour travailler le cabernet sauvignon et des Quatre saisons de Vivaldi pour composer le carascal, ce vin qui assure la moitié des revenus de la cave. Mais Hubert Weber n’est pas qu’un mélomane averti, il est lui aussi un artiste qui élabore ses propres compositions hors de la cave pour laquelle il travaille. «Des vins d’auteurs. J’aime chercher, aller voir ailleurs», explique-t-il en débouchant une bouteille qui s’avérera être un enchantement pour le palais.

Le tonneau de tous les records

 


Hubert Weber aime être dans sa cave, un bâtiment peu commun à Mendoza où la tendance est plutôt à l’hypermodernisme et à la rationalisation à outrance. Une cave pleine d’histoire, à l’image des tonneaux qu’elle contient. «Nous sommes la seule cave du pays à laisser le vin s’affiner en tonneaux, certains pendant plus de dix ans. Comme ce malbec», indique fièrement Hubert Weber devant un fût d’une contenance de 40 000 litres, dont il n’existe que six exemplaires dans le monde. Weinert est une cave spéciale, en ce sens qu’elle ne possède pas de vignes. «C’est moi qui fais mes courses, souligne Hubert Weber. Nous avons nos fournisseurs privilégiés certes, mais ça me laisse toute liberté de choix pour mes compositions.» Des compositions inspirées par le généreux soleil de Mendoza et par les plus grands musiciens de l’histoire.

Pierre Bratschi

Terre&Nature, le 19 janvier 2012

 

 

bonasavoir.png

Le succès mondial de la cave Weinert

Autrefois entrepreneur dans les transports internationaux, le Brésilien d’origine allemande Carlos Weinert est tombé amoureux de la région de Mendoza.
Il achète alors une cave abandonnée au pied des Andes, dont le style néo- classique rappelle une cathédrale. Première «nouvelle» cave argentine, elle est la dernière à produire du vin dans la tradition argentine où la fermentation se fait dans des fûts en béton et le vieillissement dans des fûts de chêne. La cave Weinert produit 650 000 bouteilles par an dont les 80% partent pour l’exportation. Les vins de Weinert peuvent se trouver en Suisse. Comme la plupart des vins argentins haut de gamme, ils ont un rapport qualité-prix très avantageux. Une bouteille de Weinert se vend à peu près 20 francs et les grands millésimes se situent autour des 70 francs. Les premiers clients de Weinert, comme pour les autres caves argentines d’ailleurs, sont les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni.